Réunion annuelle internationale sur la traduction assistée par ordinateur et la terminologie — JIAMCATT 2019

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Introduction

Du 13 au 15 mai, le Centre européen des congrès à Luxembourg a accueilli la JIAMCATT, le Réunion annuelle internationale sur la traduction assistée par ordinateur et la terminologie. Le thème de cette année était «La forme des choses à venir: comment la technologie et l’innovation transforment les professions linguistiques».
Cet énorme événement, aujourd’hui particulièrement crucial en raison de l’étonnante amélioration de la qualité NEural Machine Translation, a vu la participation de représentants de l’industrie, du milieu universitaire, des développeurs internes de NMT et de SMT («S» pour statistique) ainsi que les fournisseurs de certains des plus grands outils de TAO sur le marché.
Évidemment, TermCoord ne pouvait pas manquer cette chance, étant donné l’accent particulier mis sur la terminologie et les multiples scénarios concernant son interpolation avec le NMT.
Ce genre d’événements est toujours extrêmement important, pas seulement parce qu’ils nous gardent connectés à qui le doigt sur le pouls, mais aussi parce que nous (le principal utilisateurs de ces technologies) peuvent expliquer nos besoins, nos doutes, nos souhaits et nos problèmes quotidiens.

Progrès accomplis

Les thèmes abordés au cours de ces trois jours ont été l’intégration de la terminologie dans la traduction automatique, l’avenir de la profession de traducteur, le rôle des traducteurs, des terminologues et des réviseurs; le processus coûteux de révision humaine et la possibilité d’une révision automatisée; même quelle partie du processus de traduction doit être automatisée (ou non), la langue ou le flux de travail. Qui avaient tous été modifiés et/ou automatisés par d’autres acteurs de l’industrie au moyen de l’IA.

Les journées de la conférence étaient pour la plupart divisées en deux parties: le matin pour les présentations et l’après-midi pour les ateliers, où il a été possible de rencontrer les orateurs.

Dans «Apporter de la terminologie aux utilisateurs d’IATE», Paula Zorrilla-Agut, du Centre de traduction des organes de l’UE, a donné un aperçu plus détaillé des capacités de recherche améliorées dans le nouveau cadre. IATE (recherche de texte complet, filtrage enrichi, constructeur avancé de requêtes, API de recherche publique, traitement avancé du langage via le module de reconnaissance de termes redéveloppé) et les options d’exploitation des résultats en fonction de différents besoins (page de résultats enrichie, vue d’entrée complète flexible, exportations tabulaires, exportations compatibles CAT et autres).
Dans «Vocabulaires contrôlés et ressources terminologiques pour le web sémantique», Denis Dechandon et Aniko Gerenscer, de l’Office des publications de l’UE, ont présenté de nombreux points de vue sur le rôle des métadonnées et les avantages d’un amélioration de l’interopérabilité. Selon leurs travaux, des listes simples de termes, les glossaires et les taxonomies devraient être liés à des ontologies pertinentes. La prochaine étape consiste à les rendre accessibles, partagés et gérés de manière collaborative. Comme ils sont de plus en plus utilisés pour piloter les données, le contenu et les processus d’information, le moment est venu de construire des réseaux de terminologies multilingues et inter-domaines et d’aller vers une intégration systématique de la sémantique et des métadonnées.

Un membre du personnel des Nations Unies, Frances Enriquez, a parlé des derniers développements dans les outils linguistiques développés par les Nations Unies, notamment eLUNa Translation/Revision, eLUNa Editorial, eLUNa pour Verbatim Reporters et UNTERM.

Grzegorz Okoniewski, de la DG Traduction (DGT) de la Commission européenne, a présenté l’outil informatique d’assurance qualité utilisé à la DGT, où il a été développé en interne pour la détection des erreurs pendant et après le processus de traduction. Il est basé sur regex et exécuté dans le QA Checker dans SDL Studio. Il a également introduit une version bêta d’un outil de conversion de regex, convertissant les listes de termes bilingues en chaînes de regex valides.

 

 

 

Conclusions

La percée de NMT a clairement animé le monde de la traduction, mais ce n’est pas un secret que de nombreux traducteurs craignent de devenir «redondants» dans les années suivantes. Cette appréhension légitime a également déclenché un sentiment de scepticisme, en particulier parmi les traducteurs les plus expérimentés.

La diminution significative de la traduction active dans leur flux de travail doit être considérée comme un aspect positif, ce qui peut à son tour encourager la naissance de nouveaux rôles tels que réviseur, le gestionnaire multilingue des connaissances (engagement à l’égard de la terminologie, de la taxonomie, des classifications de domaines et de l’assurance interopérabilité), conservateur d’actifs linguistiques (qui forme les NMT, sélectionne les documents pour le recyclage, met à jour et supprime les données), et ingénieur de flux de travail de traduction (qui équilibre le temps, le coût, la qualité, personnalise les composants nlp, définit des critères de qualité, fournit des pistes d’audit) comme le souligne Jochen Hummel, fondateur de TRADOS.

Joke Daems, chercheur à l’Université de Gand, a d’ailleurs démontré que les textes/traductions produits par la machine sont dans de nombreux cas révisés par un réviseur humain dont la psychologie s’est avérée jouer un rôle important. Comme «nous voulons que la machine soit mauvaise», nous révisons davantage son texte, mais si nous croyons que le texte à réviser a été produit par un traducteur professionnel, nous le révisons et le jugeons différemment. Est-ce que le fait que les réviseurs corrigent moins quand ils pensaient que c’était une traduction humaine, nous permet de ne pas divulguer l’origine de la traduction?

Suivi

Inspiré des conclusions de JIAMCATT 2019, le chef de l’unité de coordination terminologique Rodolfo Maslias, a écrit l’article «Terminologie dans le cerveau de la machinedans lequel il esquisse quelques stratégies pour TermCoord afin de contribuer à l’intégration de la terminologie dans la traduction automatique européenne et, en général, de réagir rapidement aux nouveaux changements.

Le domaine d’intérêt est toujours en évolution, mais JIAMCATT 2019 nous a donné une idée de la façon dont les plus grands acteurs du marché relèvent ce défi et de la façon dont nous devrions le gérer nous-mêmes. Le JIAMCATT 2020 abordera sûrement ces questions de manière encore plus exhaustive.

À quoi ressemblera une telle révolution, seul le temps le montrera. Mais l’avenir est définitivement là et nous ne pouvons pas l’arrêter!

Cliquez sur ici pour télécharger les «Conclusions et Recommandations» officielles de JIAMCATT 2019.

 


Écrit par Cosimo PalmaStagiaire en communication à l’unité de coordination terminologique du Parlement européen (Luxembourg), et Stine Jensen, Terminologue à l’unité de coordination terminologique du Parlement européen (Luxembourg).